4 Mai 2026 | Financements

Ginger Rose : « Oser demander un financement! »

Partie d’un simple hobby, Virginie développe aujourd’hui Ginger Rose, une marque de produits naturels aux saveurs exotiques. Un projet qu’elle a construit pas à pas, en apprenant à dépasser ses doutes et à oser demander de l’aide pour aller plus loin.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Virginie et j’ai créé Ginger Rose, avec l’idée de proposer des produits qui ont une incidence positive sur le corps et la santé : le gingembre, l’hibiscus (ou bissap), le poivre, que j’associe à des fruits exotiques comme la mangue, l’ananas, la papaye, la banane ou les agrumes.

Mon envie, c’était d’intégrer ces ingrédients dans des préparations sucrées, pour sortir de leur association au salé ou des jus de gingembre trop piquants, et rendre leurs bienfaits accessibles à tous, avec plus de douceur.

Je propose aujourd’hui des confitures, des sirops et des jus exotiques qui boostent l’énergie, renforcent l’immunité, améliorent la digestion et participent au bien-être au quotidien. Ils peuvent être consommés dans de l’eau, du thé, du café, sur une tartine ou dans des smoothies et des cocktails.

Comment s’est déroulé votre premier pas en tant qu’entrepreneuse ?

Je me suis lancée sans fonds et sans savoir précisément où j’allais, parce qu’au départ, c’était un hobby.

Je participais à quelques marchés artisanaux, de temps en temps, et petit à petit, les gens ont commencé à me demander où ils pouvaient me retrouver. C’est comme ça que la demande est née.

Quand elle est devenue plus forte, j’ai commencé à structurer la marque et à développer ma gamme. Je me suis lancée comme indépendante en 2023, suite à une opportunité de collaboration qui n’a finalement pas abouti. À ce moment-là, je me suis retrouvée un peu coincée et j’ai compris que j’avais besoin d’aide.

Je me suis tournée vers le GEL de Molenbeek, qui m’a accompagnée pour préparer mon dossier et m’a proposé de le présenter à brusoc by finance&invest.brussels, ainsi qu’à d’autres organismes.

Quel a été votre déclic par rapport au financement ?

Pour structurer mon projet, j’ai suivi plusieurs formations. Et à chaque fois, on nous répétait qu’il fallait oser demander un prêt.

En tant que femme, on a souvent peur de demander : peur de ne pas pouvoir rembourser, de ne pas s’en sortir… Je pense qu’on hésite plus à se lancer ou à demander un financement. On n’est pas vraiment éduquées à prendre des risques.

Mais à un moment donné, j’ai compris que si je voulais faire évoluer mon projet, je devais dépasser cette peur.

Pourquoi Ginger Rose ?

Ginger, ça parle de lui-même. Mais Rose, c’est le prénom de ma mère et une partie de celui de ma belle-mère, Marie-Rose.

C’est une manière de rendre hommage à ces femmes qui se sont battues toute leur vie, qui n’avaient pas forcément de diplôme prestigieux, mais qui ont fait mille métiers pour leurs enfants et pour réaliser leurs rêves.

Comment s’est déroulée votre expérience avec brusoc ?

J’ai eu la chance d’avoir un dossier déjà bien préparé grâce au GEL. C’est ma coach qui l’a transmis à brusoc.

Ils m’ont appelée — je ne m’y attendais pas vraiment. On a discuté du projet, et il a été accepté assez rapidement.

Ça m’a vraiment aidée à ancrer mon activité, à me sentir plus stable financièrement, sans devoir réinvestir systématiquement tout ce que je gagnais.

Aujourd’hui, je ne gagne pas encore ma vie, mais j’ai le sentiment d’avancer. Et brusoc reste présent, encourageant. Je suis quelqu’un de très indépendante, mais ça fait du bien d’avoir le regard et la confiance d’un organisme qui croit en mon projet.

Qu’avez-vous financé avec votre prêt ?

Comme je travaille seule, je dois tout gérer : la production, la communication, la vente sur les marchés, la comptabilité…

Le prêt me permet d’investir progressivement dans du matériel pour automatiser certaines tâches et gagner du temps. Je l’utilise avec prudence, en prenant le temps d’identifier ce dont j’ai vraiment besoin.

Être indépendante, c’est aussi gérer des charges importantes. Le prêt ne règle pas tout, mais il donne de l’air et permet de développer l’activité de manière plus sereine.

Aujourd’hui, je dois commencer à aller vers des boutiques pour proposer des collaborations.

Un conseil pour d’autres personnes qui aimeraient se lancer ?

À un moment donné, on se sent à l’étroit par rapport à ce qu’on veut construire.

Et là, il faut oser aller frapper aux portes. Tester. Demander. C’est oui, tant mieux. C’est non, tant pis. Mais il faut oser le faire. Et se lancer.


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